Rémo Gary

édito

Dimanche 16 avril.
L'ange noir du Limonaire, Noëlle Tartier est morte ce matin.
Depuis des années et des années, elle ouvrait ses portes aux artistes, dans son bistrot, à Paris.
A mon tour j'y suis allé souvent chanter sur la scène de cinq mètres carrés, avec toujours beaucoup de bonheurs à remporter à la maison. Des Limonaires, et des Noëlle, il en faut à chaque coin de faubourg, à chaque fond de cité. Il nous faut de ces bouts de quelque part qui échappent à tout le reste. Un endroit où la chanson, la poésie, la vie s'invente. Un espace volé à la barbe des institutions et des décideurs, de ceux qui savent ce qui est bon pour nous, c’est même leur métier de décider tout à notre place.
Il paraît que tout ça ne sert à rien, que la poésie n’a plus « lieu d’être ».
Noëlle Tartier se sera battue jusqu’au bout pour que son Limonaire continue.
Voilà que le « Limo » disparaît et sa patronne avec.
Je suis plein de chagrin.