Rémo Gary

édito

12 novembre. De nouveau confiné. Il fait doux, le froid ne nous est pas encore arrivé. En guise d'édito, voici un texte de chanson tout neuf.

Sait-on pourquoi

Sait-on bien comment vont les choses
La nuit se couche le matin
Désormais, au soldat mutin
On vient déposer quelques roses
Sur la pierre du genre humain

Ce n’est pas juste que de croire
Que le monde va comme il peut
Il est malade, il pleure, il pleut
On croit le refaire aux comptoirs
En quelques mots, en quelque peu

Je ne comprends pas les mystères
Je ne suis rien qu’un songe creux
Mon rêve est trop peu généreux
Quand je le plante dans la terre
Rien ne mûrit, tout est véreux

La mort n’a plus rien d’un peut-être
La lame est là qui nous atteint
Je croise un regard enfantin
Et j’ai du mal à reconnaître
Ma peau dans ce miroir sans tain

On devrait pouvoir se refaire
Comment rejouer notre rôle
Mais tout savoir serait-il drôle
Connaître à qui l’on a affaire
Quelle main, quelle comète nous frôle

Un premier tour pour tout apprendre
Je rends 60 ans de mon âge
Mes peurs, mes colères, nos orages
Tout répéter puis tout reprendre
Comme sur le métier l’ouvrage

Je suis tenu par l’écriture
Qui me tient droit comme échalas
Et le bon vin de Chasselas
Me fournira bien ses bitures
Pour noyer mes nuits de gala

Il faudrait que demain se lève
Du bon pied, qu’on largue les voiles
Je trempe un pinceau pour ma toile
Dans le lait du monde, la sève
Dans la voie lactée des étoiles

Une femme souffre et je ris
Un enfant va prestement naître
L’avenir sera mieux nourri
Il sera pareil aux fenêtres
Que le jour allume et fleuri
Il sera pareil aux fenêtres
Que le jour allume et fleuri