Rémo Gary

La Jubilation

 La fête que j’ai organisée pour la retraite, le 13 octobre, LA JUBILATION à Bourg en Bresse, s’est très bien passée.

J’avais imaginé une fête particulière, atypique, illégale …

J’avais imaginé que c’était aussi et avant tout une fête de la poésie comme la préfiguration d’un espace rêvé, d’un moment d’émancipation, volé à la morgue de la période. Et avec mes camarades de chanson, celles et ceux qui étaient sur scène et avec tous ceux qui étaient dans la salle, nous avons fait en sorte de jubiler. Des chansons avec tout dedans, la beauté, l’émotion, l’espièglerie, le cynisme, la provocation, la douceur, l’intime, le féminisme, le collectif, les bonjours et les mercis, tout …

Chacune, chacun a simplement chanté. Ou parlé. On y a entendu des textes lumineux. Sur les arts et la culture. Et le tout a fait une après-midi comme on n’en verra aucune autre c’est certain.

Et si Jacques Bertin n’a pas pu chanté, victime d’une extinction de voix, j’ai bien regretté aussi l’absence de Gérard Pierron, qui n’a pas pu se déplacer. Il aurait bien mieux que moi, fait chanter les 600 spectateurs présents sur la Paysanne de Gaston Couté.

Entre nous que c’était bon de finir les quatre heures de spectacle par cet hymne pacifiste (donc l’inverse d’un hymne de ce fait) et par ce dernier couplet :

Semons nos blés, soignons nos souches !
Que l'or nourricier du soleil
Emplisse pour toutes nos bouches
L'épi blond, le raisin vermeil !...
Et, seule guerre nécessaire

Faisons la guerre au Capital,
Puisque son Or : soleil du mal

Ne fait germer que la misère.

En route ! Allons les gâs!

Jetons nos vieux sabots
Marchons, Marchons

En des sillons plus larges et plus beaux  !

La Jubilation, une